Géologie de l’Aube

L’histoire géologique de l’Aube en ultra bref

Les roches sédimentaires composant le sous-sol de l’Aube sont les témoins d’une longue histoire qui a débuté au Jurassique il y a environ 160 millions d’années. Le département est alors couvert d’une mer qui va persister pendant 100 millions d’années (avec une période émergée) tout en connaissant de grandes variations de niveaux. Par la suite, la mer va se retirer, la tectonique, l’érosion naturelle et anthropique sculpteront les paysages que nous connaissons actuellement.

L’histoire de la mer auboise

Durant son histoire maritime, l’Aube a connu trois grandes périodes influencées par la paléogéographie, les climats et les variations de niveaux marins. Pendant le Jurassique, on aura une mer peu profonde avec des dépôts de roches calcaires (Barrois). La fin du Jurassique est marquée par un retrait de la mer. Les roches se sont retrouvées à nues, ont subi de fortes érosions conduisant à des sols latéritiques en grande partie effacés et des altérations de type karstique. Par la suite, au Crétacé inférieur, la mer va revenir progressivement par le sud-est en laissant des sédiments sableux et argileux (Champagne humide). Au Crétacé supérieur, le climat devient plus chaud et le niveau marin augmente pour atteindre son maximum (+200 m / à l’actuel) à la base du Turonien. Il se dépose alors une fine boue constituée de milliards de nannofossiles qui en durcissant donnera la craie (Champagne sèche). La limite Crétacé – Tertiaire est marquée par un net changement climatique. La mer se retire alors de nouveau, et il y a une nouvelle érosion avec, de nouveau, la formation de sols latéritiques.

Pendant ces 100 millions d’années, les différentes mers épicontinentales orientées nord-sud et parfois ouest-est faisaient rencontrer dans l’Aube les eaux chaudes de la Thétis venant du sud, les eaux froides de la mer boréale, et les eaux de l’Atlantique Nord naissant. L’Aube fut ainsi à un important carrefour, favorisant d’importantes migrations et croisements d’espèces animales, végétales expliquant sa richesse fossilifère.

L’histoire continentale de l’Aube

Au Tertiaire, la mer a probablement fait une ou plusieurs incursions au nord du département, mais cela reste à prouver. Pendant cette ère, alterneront principalement des phases chaudes et humides érodant les roches les plus tendres.

Puis le climat se refroidira, avec la formation de la calotte antarctique (-14ma) et arctique (–3,5ma). Cela annonce l’arrivée des grandes glaciations du Quaternaire.

L’érosion se poursuivra alors sous une végétation de type steppe, avec par moments des dépôts aériens de lœss. Les périodes périglaciaires favoriseront les migrations animales, humaines et l’installation de forêts mixtes. L’homme sera le dernier acteur du modelage des paysages aubois actuels.

Une histoire mouvementée

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’histoire géologique de l’Aube n’est pas tranquille et a également été modelée par la tectonique. Le département est traversé par 3 grands jeux de failles majeures (profondes de plus de 2 km). Des mouvements liés aux poussées des Pyrénées puis des Alpes ont déformé les sols aubois relevant le Pays d’Othe, puis les couches calcaires du Jurassique (Barrois).